Endométriose tanger
DR SELLAK Fouad gynécologue obstétricien Tanger
L'endométriose c'est quoi ?
L’endométriose est une pathologie gynécologique fréquente. Sa longue histoire illustre le cheminement d’une maladie longtemps méconnue et mal comprise. Dès l’Antiquité, la douleur menstruelle a été considérée comme normale et assimilée à l’hystérie. Les femmes souffrant de douleurs pelviennes étaient souvent stigmatisées
Au XVIIIe siècle, des médecins tels que Daniel Schrön et Frederik Ruysch ont suggéré un mécanisme de reflux menstruel, mais ce n’est qu’au XIXe siècle que l’endométriose a commencé à être étudiée de manière plus systématique. Les contributions de médecins français comme Xavier Bichat et Armand Trousseau ont permis d’établir un lien entre les douleurs menstruelles et des anomalies anatomiques, malgré une confusion persistante entre l’endométriose et l’hystérie.
Le XXe siècle a vu des avancées notables, notamment grâce aux travaux de John A. Sampson qui, en 1927, a proposé le concept de reflux menstruel. La découverte de traitements hormonaux et l’émergence de la chirurgie ont amélioré la prise en charge de la maladie. Cependant, le diagnostic reste souvent tardif, avec une moyenne de sept ans entre l’apparition des symptômes et le diagnostic définitif.
Plusieurs facteurs pourraient jouer un rôle dans l'établissement et le développement de l'endométriose. Ceux-ci incluent le profil génétique, l'inflammation, l'activité hormonale, la régularité des cylces menstruelles, et les facteurs immunologiques. D'un point de vue épidémiologique, plusieurs facteurs de risque ont été étudiés pour suggérer ou soutenir différentes hypothèses étiologiques. Ces dernières années, de grands efforts ont été déployés pour analyser l'association entre l'endométriose et d'autres conditions pathologiques afin de mieux comprendre les mécanismes pathogénétiques ou d'identifier les femmes à risque. Le risque d'endométriose est plus élevé chez les femmes ayant des membres de la famille atteints, ce qui suggère une prédisposition génétique. Certaines études ont montré un risque accru si une sœur ou une mère est atteinte , avec une influence de plusieurs gènes , avec une fréquence d’atteinte de 8 pourcent par rapport a 0.9 pourcent dans la population générale , d’autres études ont montré chez les jumeaux monozygotes une augmentation du risque par rapport au jumeaux dizygotes avec une héritabilité estimée a 51 pourcent .
Sur le plan moléculaire , l'endométriose est associée à des changements génétiques spécifiques
Les Règles précoces , les menstruations sont associés à un risque accru d'endométriose cela renforce encore plus l’hypothèse du reflux menstruel . La prise de contraception oestroprogestative est un facteur protecteur , en effet cela permet de réduire le volume des menstruations , ce qui pourrait bloquer ou au moins retarder l’implantation des cellules endométriales au moment du reflux menstruel , c’est la conclusion d’une grande méta analyse apparue en 2010 comprenant 18 études
Les perturbateurs endocriniens, tels que les dioxines ou les polychlorobiphényles (PCB), présents dans l'environnement, pourraient jouer un rôle en perturbant l'équilibre hormonal et en favorisant l'endométriose . D’autres facteurs liés au mode de vie comme le poids : une corrélation est observée entre un IMC bas et un risque accru d'endométriose , l’IMC moyen dans notre série était de 25 , avec 6 patientes en surpoids , et 2 obèses. Le lien entre l'obésité et l'endométriose reste flou. L’exercice physique : Une activité physique régulière semble avoir un effet protecteur, en réduisant l'exposition prolongée à l'œstrogène.
L’hypothèse la plus solide est celle de de SAMPSON : la théorie du reflux menstruel. Cette théorie propose que des fragments d'endomètre ( (qui est la couche interne de l'utérus) soient régurgités pendant les menstruations à travers les trompes de Fallope, se déposent dans la cavité péritonéale ( un espace autour de l'utérus ) où ils s'implantent, se développent et parfois envahissent les structures pelviennes, comme dans l'endométriose profonde. Les lésions se distribuent selon le principe de la gravité , elle sont souvent localisées dans la région postérieure du pelvis, notamment autour du cul-de-sac de Douglas, et sont plus fréquentes à gauche en raison des particularités anatomiques. Dans l'abdomen et le thorax, les lésions prédominent à droite, influencées par le flux du liquide péritonéal et des caractéristiques anatomiques spécifiques. , au niveau pleural il existe une préférence pour le coté droit .
Plusieurs phénomènes pourraient intervenir conjointement , tel que l’inflammation , l’altération de l’immunité ou bien les facteurs génétiques
L’implantation et la croissance des fragments d’endomètre en dehors de la cavité utérine sont en effet favorisées par certaines caractéristiques moléculaires et cellulaires propres à l’endomètre
Lees altérations moléculaires observées dans l'endométriose incluent : le Déséquilibre hormonal , Une Résistance à la progestérone ,des Mutations génétiques ,l‘Inflammation chronique
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